Baudchon Baluchon – Valérie & Christian Baudchon Rotating Header Image

Hasta luego Chile !

Nos adieux au Chili, au Carnaval Andin d’Arica, au nord du pays.

Ou au revoir aussi ? Le Chili va aussi nous manquer, car entre les rencontres que nous y avons faites et les paysages observés, ce pays nous a semblé bien plus atypique que ce à quoi nous nous attendions. L’image standard du Chili, c’est que ça ressemble à nos pays, et guère plus … mais emmenez-moi donc voir nos volcans, nos îles de pêcheurs, nos coins sauvages et quasiment inhabités le long de lacs immenses, nos déserts arides et nos parcs naturels, le tout dans un environnement économique remarquablement stable (le Chili a de loin le PIB par habitant le plus élevé du continent), le tout sur une bande de 200 kilomètres de large par 4000 de long, qui s’étire quasiment des latitudes du pôle sud aux tropiques !…


Alors, pour l’heure, nous venons de quitter l’Argentine et un dernier panneau ” Las Islas Malvinas son argentinas ” – ce qui veut dire, pour ceux qui tentent désespérément de parler espagnol aussi bien moi, “Les îles malouines appartiennent à l’Argentine” … Et croyez-moi – aveuglément, comme toujours – cette idée est une des seules qui fasse l’unanimité des argentins.


Et en cet après midi du 25 janvier 2010, le passage de frontière avec le Chili est cette fois un peu long et un peu pénible : des travaux, une ambiance de week-end chez le personnel et donc un joli b….l au menu (pour les pointillés, m’adresser un mail personnel : notre serveur Internet ne survivrait pas à une liberté d’expression totale, ma maman était institutrice et ma belle-mère professeur de français).


Une fois la paperasse effectuée par des fonctionnaires, qui pour une fois semblent curieusement découvrir l’existence de véhicules immatriculés hors du mercosur, nous avons droit à l’habituel contrôle sanitaire. Mais cette fois-ci, c’est le grand jeu : chien renifleur à l’intérieur du véhicule !


Il ne trouvera rien, à part un minuscule grain de raisin – interdit : son maître est ravi ! – mais sera fort intéressé, d’une part par les chaussures de Hugo (vraiment incompréhensible) et d’autre part, une fois redescendu du tampicar, par l’arrière de celui-ci, plus précisément par le local de notre maintenant très célèbre boite à matière noire, ce qui fera hurler de rire les enfants (et nous aussi mais plus discrètement, surtout Valérie). Le responsable me demande même d’ouvrir devant témoins ledit compartiment, mais une explication imagée sur le contenu – ” Estan los baños !”, prononcé avec un accent français impeccable – réduit à néant le zèle conjoint du fonctionnaire, et dans la foulée de son toutou.


Une centaine de kilomètres plus loin, alors que nous faisons notre ravitaillement nourriture dans un supermarché – un résumé : Valérie se tape les courses avec Hugo qui se dit qu’il y aura toujours un truc idiot à ramener, je bulle dans la maison roulante en gardant Chloé qui roupille et Léna qui me regarde buller en espérant que je l’autorise à jouer à la Nintendo DS -, je me fais interpeller et aussitôt inviter par Maria, une chilienne mariée à un français, Alain, lui-même installé depuis quarante ans au Chili. Nous passons la soirée avec eux et deux de leurs filles, Maddy et Marie France, à manger du pâté et du camembert français, le tout bien arrosé d’abord de pisco sour (la spécialité du pays) puis de vin chilien et à discuter à bâtons rompus de leur pays, mais aussi du nôtre qu’ils connaissent aussi très bien puisque Marie France a fait ses études à Bordeaux – et elle en bien profité, au vu de la qualité de son français ! Mes amis parisiens, lyonnais, annecybiduliens et deux-sevroïdes me le disent tout le temps mais c’est bien vrai : Bordeaux est bien la capitale intellectuelle de la France, la preuve, ça se voit même au Chili.


Le lendemain, pendant que Chloé, sous la surveillance de Maria, use méthodiquement chacun des jouets mis à sa disposition dans le “jardin d’enfants” que celle-ci dirige et qui jouxte la maison de nos hôtes, nous partons visiter l’entreprise de machines agricoles d’Alain et cueillir une quantité exubérante d’un délicieux raisin, chez un de ses clients dans une des immenses propriétés dédiées à cette activité dans la région de San Felipe. Nous repartirons d’ailleurs avec un cageot entier, que nous aurons un peu de mal à stocker mais qui ne fera pas long feu malgré tout !


Sur le chemin du retour, Alain interpelle un vendeur de rue dont la charrette croule sous les melons. Il en réclame trois, qu’il ne paye pas et devant notre étonnement nous explique qu’ici, c’est comme ça, on fait crédit ! Il paiera quand il passera du bon côté de la rue, d’ici la fin de la semaine … Ça fait rêver, d’autant plus que lesdits melons sont pour notre tampicar ! Avant de reprendre la route, nos hôtes nous font goûter une spécialité chilienne qui nous intriguait depuis un moment mais que nous n’avions pas encore testée : le pastel de choclo, une tourte à la viande et au maïs concassé, qui vire par endroit au sucré salé. Excellent ! Pour sûr, il faudra que ça revienne dans nos bagages …


Ravis par cette chaleureuse rencontre, nous repartons dans l’après midi pour la côte pacifique et la ville de Valparaiso, à une centaine de kilomètres de là.


Le 30 janvier 2010, nous voici donc au coeur de la magnifique, splendide, envoutante, fascinante … Valparaiso ! Surnommée – rien que ça ! – ” la perle du Pacifique “, je dois vous avouer que, une fois faite la découverte, mon égo – que vous savez habituellement fort peu développé – aurait bien aimé trouver l’expression tout seul !


Ça monte, ça descend, ça tourne, c'est en couleurs : Valparaiso !


Pas seulement parce que, pour pouvoir l’affirmer, il me faudrait avoir visité préalablement toutes les autres villes du Pacifique – et ça me démange, croyez-moi ! – mais surtout parce que la ville nous a profondément plu. D’ores et déjà, Valparaiso détrône la première en titre de notre périple, la bolivienne Sucre – je sais, vous n’avez rien vu passer sur ce blog à ce sujet, c’est une mes nombreuses impasses … attendez le livre ! Quoi qu’il en soit, le dédale de ruelles imbriquées dans les innombrables collines, parsemé de murs peints et de tags, que vous découvrez tranquillement au cours d’une balade ponctuée par de très pittoresques ascenseurs : tout ceci vaut vraiment le coup. Nous, comme d’autres, on a adoré !


Pour la suite, nos amis chiliens nous avaient tous prévenus … A la question et sur cette partie du trajet, qu’est ce que vous nous conseillez de visiter (ma version en espagnol tenant en trois mots et demi et quinze minutes de préparation), la réponse était invariablement ” Rien ! ” Donc, nous affrontons cette longue et lente route, sur des centaines de longs, très longs kilomètres, finalement parfois beaux mais toujours monotones, séquence pendant laquelle ma désormais célèbre Léna est prise en flagrant délit de travail acharné … Elle a une bonne excuse, non ?


Nous voici donc en pleine remontée de la fin du Chili – une paille : 2500 kilomètres – afin d’atteindre le Pérou et tourner cette longue page de notre voyage – en partie le long du désert d’Atacama qui n’est pas ici aussi spectaculaire que ce que nous en avions vu plus à l’est il y a quelques mois.


Un variante du soleil couchant sur le Pacifique, du haut de la piste d'envol des parapentes, au dessus d'Iquique... nous ne pourrons pas faire celle de jour !


Les principales photo sont ci-jointes, citons pêle mêle la petite ville de Vicuña qui mêle observatoires et bodegas dédíées au Pisco (équivalent chilien ou péruvien de la grappa italienne), l’immense dune de sable qui surplombe la ville d’Iquique (nous avons même essayé de dormir en haut, sur le terrain d’envol des parapentes mais, pour la première fois du voyage, nous sommes fait caillasser, sans dommage heureusement, par des petits malins bien froussards… nous avons donc fini la nuit en station service, et sans photo de jour de ladite dune), un terrain de golf en sable le long de la panaméricaine, un curieux cimetière le long de la même route, le carnaval Andin d’Arica dans lequel nous tombons par un très heureux hasard, et enfin les plus vieilles momies du monde – “momittes” comme dit Chloé, qui s’empresse d’ajouter à chaque fois “et même qu’elles sont mortes !” …


Ainsi, au bout de tout ceci, nous parvenons à la frontière Chili – Pérou, au poste frontière chilien près d’Arica, un beau 7 février 2010, qui plus est une veille de fête planétaire … et une nouvelle étape qui débute ! Le Pérou, haut lieu touristique planétaire, tiendra t-il ses promesses ?


 

Valparaiso (et une petite photo de groupe de San Felipe … ) :


Notre petite séance de sauts, le terrain d’y prêtait !


… et Léna, malgré nos avertissements, en voulant faire comme son père (envoyer en l’air sa casquette tout en sautant) l’a envoyée derrière le grillage d’une école, vingt mètres plus bas, et surtout fermée (ici, ce sont les grandes vacances). Dans l’ordre : je saute (la casquette est déjà dans le coin), oups, et avant même que je retombe maman est déjà sur les lieux :


Et enfin le Chili de La Serena et Vicuña à Arica :


 

Article écrit le 20 février 2010, prés de Cuzco, le long des différentes ruines Incas de la Vallée sacrée, sans Machu Pichu (ligne ferroviaire emportée par les inondations, voir le fabuleux et imaginatif jeu de mots de nos récents amis éternels, les Réjou), 3300 mètres d’altitude et un gentil 20 degrés assez pluvieux, rasé mais ça repousse à fond les ballons, alors tout baigne !


6 Comments

  1. Vous avez l’air de tomber amoureux des pays que vous traversez les uns après les autres.! Ca va être dur d’établir le palmares à la fin. Il va falloir refaire tout le voyage en sens inverse….

  2. vedrenne says:

    Houlala! les adieux a l’Argentine avaient été difficile mais ceux au Chili le sont tout autant.

    Peut etre un jour votre destin vous ramenera là bas QUIZAS!!!

    bonne route au Pérou

  3. giber de niel says:

    CJ a repris la plume et il essaie de nous faire baver devant des descriptions idylliques, mais nous ne nous laisserons pas avoir. Par exemple, nous aussi, nous avons nos malouins…et ils valent certainement les malouines chiliennes; nous aussi, nous pouvons trouver des douaniers pinailleurs accompagnés de chiens renifleurs (qui peuvent faire penser à “rantanplan”); nous aussi nous avons des paysages désolés et sublimes: il suffit d’aller dans le Larzac, et en plus nous aurons José Bové en prime ce que les Chiliens nous envient certainement; nous aussi, nous pouvons sauter en l’air et jeter nos casquettes par dessus les moulins; nous aussi, nous espérons bien rencontrer une famille sympathique, même en camping car!
    Et c’est pour bientôt…
    bisous

  4. Sylvie says:

    Par un petit matin gris de fin de d’hiver, comtempler vos photos, ça fait rêver. Tout à l’air magnifique,ambiance géniale, gens chaleureux, paysages incroyables …. oui, y a pas à dire ça fait rêver.
    Bonne route!

  5. giber de niel says:

    Après la catastrophe qui vient de frapper le Chili et notamment les lieux visités et admirés par les “baudchon-baluchon”, comment ne pas regarder les textes et les photos avec un nouveau regard et constater combien une situation heureuse peut basculer en un instant et se transformer en paysage de désolation et comment une population accueillante et gaie peut se retrouver dans le dénuement le plus total.
    Egoistement nous ne pouvons aussi qu’être soulagés que vous soyez passés avant ce séisme dévastateur.
    Avec une pensée pour ce peuple et notamment pour ceux qui vous ont si bien reçus.
    Bisous

  6. Thomas says:

    Ouf ça y est, j’ai lu jusqu’à fin février. C’est très sympa, j’adore. Vous devriez vous amuser à relire votre site. J’ai de nombreuses questions à vous poser alors si vous n’y voyez pas d’inconvénients une fois que j’aurais tout lu je reviendrais vers vous.

    Thomas

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