Baudchon Baluchon – Valérie & Christian Baudchon Rotating Header Image

Dix jours en terre de feu : du détroit de Magellan à Ushuaïa

Noël au pied du glacier Perito Moreno, quelques jours de pistes abominables sur la Ruta 40, la difficile mais sublime carretera australe via les magnifiques paysages du passage de l’Argentine au Chili par Chile Chico, un nouvel an au bord d’un lac immense dans les paysages sauvage de la fin des Andes : la fin d’année nous a vraiment gâtés ! Mais, en attendant le récit de ces beaux moments, nous reprenons où nous vous avions laissés il y a quelques dizaines de jours …
Et aussi, quand même : bonne année 2010  ! Et pourquoi pas, avec un beau voyage ?

Ushuïa vue de l'aérodrome, avec un beau mix des quatres saisons en même temps ...
Ushuaïa vue depuis l’aérodrome, avec un joli mix des quatres saisons en même temps … Typique !

Et dire que nous aurions pu ne pas y aller !
Un bon nombre de voyageurs que nous avions rencontrés nous avaient dit (y compris certains qui n´y avaient jamais mis les pieds !), en substance, que la terre de feu, en soi ça n´apporte pas grand chose et que Ushuaïa, à part dire qu´on y est allé, ça ne vaut pas le coup … Certes. Du coup, à quelques  centaines de kilomètres de la pointe sud du continent américain, nous étions bien décidés à entamer notre remontée du continent aux rives du détroit de Magellan, qui sépare précisément la Terre de Feu du reste du continent. Mais finalement, la curiosité – vous savez bien de quoi je veux parler ! – l’a emportée, très facilement ! Et au diable notre agenda initial, nous prenons notre temps et buvons à lentes gorgées le spectacle ici présent …
Alors, la terre de feu ?

Nous avons dû préalablement effectuer un passage de frontière Argentine – Chili, tellement bien organisé que les deux douanes et les deux services de l’immigration sont dans le même bâtiment. Les deux pays sont étroitement imbriqués dans cette région, et la terre de feu est littéralement coupée en deux. Regardez une carte, et suivez les routes côté chilien : si vous voulez vous rendre de l’extrême sud au nord du pays, il vous faut prendre le bateau ou passer par l’Argentine ! Si bien que, ligne droite ou pas, pour nous rendre à la pointe sud du continent américain, il nous faudra effectuer deux passages de frontière (à l’aller, idem au retour) en traversant un petit morceau de Chili pour atteindre à nouveau l’Argentine et nous diriger vers Ushuaïa.

Sur bac, sur le détroit de Magellan ... congelés mais ravis, les Baudchon Baluchons !

Finalement, nous prenons notre mal en patience et, puisque nous sommes en période creuse (pour encore peu de temps car ici les vacances d’été viennent de débuter) les formalités ne prennent à chaque fois pas plus d’une heure. Nous passons ensuite une visite sanitaire, un exercice auquel notre équipage est désormais bien rompu : non seulement elles existent entre les deux pays (surtout côté chilien) mais aussi parfois au passage d’une région à l’autre au sein même de l’argentine !… En gros, il est interdit de faire passer d’un côté à l’autre des fruits, des légumes, de la viande, ou même du fromage – pourtant, ici, le fromage est tellement inodore, sans saveur, et sans texture qu’il pourrait aussi bien servir d’antiseptique en bloc chirurgical. Bref, les passages se font frigo et garde-manger à vide. Et gare aux resquilleurs car, si le petit jeu bien connu des camping-caristes consiste à tout planquer et à laisser en évidence un chou moisi et deux carottes bien flétries, que nous aurions de toute façons jetés, les fouilles ont parfois lieu au scanner ou au chien … Ce n’est pas toujours de la pure formalité administrative !

Puisque la Terre de feu est séparée du continent par le célèbre détroit de Magellan, et que ma petite dernière, Chloé, 4 ans et des

Il est dix heures du soir, nous sommes en Terre de feu ...

bricoles, sait tout faire sauf nager – je dis bien ” tout “, y compris parler une heure à des boliviens sans piper un mot de castillan -, ce 6 décembre 2009, nous décidons donc de traverser le détroit de Magellan à l’aide du bac qui effectue en une vingtaine de minutes la traversée. C’est un moment spécial pour moi, qui ai lu et relu sous différentes versions l’histoire de Magellan, l’homme dont la passionnante expédition fût certainement la première à faire le tour du monde – un chinois du nom de Zang Ze (j’ai oublié le nom) l’aurait fait quelques centaines d’années plus tôt, mais les preuves manquent encore, alors … Ça vous fait une belle jambe ? Bien, j’avance … enfin, juste le temps de vous dire aussi que la Terre de feu tient probablement son beau nom de Magellan, qui en traversant le détroit, avait aperçu en divers endroits sur la rive sud des feux – dont nous apprendrons par des expéditions ultérieures qu’ils étaient ceux des indiens Yamaná, qui préféraient vivre nus sous ces latitudes pourtant froides et humides et, plutôt que de rester en permanence trempés de la tête aux pieds, gardaient en contrepartie sur terre et sur leurs bateaux des feux allumés en permanence.

Sur le bac, que nous avons attendus trois petites heures pendant lesquelles Valérie et Léna se sont lancées dans la cuisson de soufflés au chocolat, bien vite avalés et regrettés, le vent glacial qui balaie le pont ne nous empêche pas de profiter du coucher de soleil, et des toninos – des petits dauphins noir et blanc qui nous accompagnent sur les paysages de descente de la Patagonie par la côte Atlantique – qui montrent leur aileron et sautent parfois devant le bateau. Puis, nous engageons nos premiers tours de roue côté chilien sur une impeccable route bétonnée, et pendant que le soleil n’en finit plus de se coucher en nous offrant des dégradés de couleurs qui s’accordent á merveille avec le paysage désolé, nous parvenons à notre premier bivouac au bout du monde, un village assez quelconque – sauf l’église, voir photos – mais répondant au nom amusant de Cerro Sombrero.

Le lendemain, du côté argentin, après plusieurs heures interminables sur l’abominable piste qui a pris le dessus sur la route bétonnée de la veille (120 kilomètres en 4 heures !) nous croisons par hasard nos amis les Réjou, qui eux remontent déjà de Ushuaïa. Deux petites heures de discussion endiablée plus tard, nous reprenons chacun notre route : pour nous ce sera le village de Tolhuin, dont les deux mille habitants sont fichés à mi-route au bord d’un lac immense, et qui a la particularité touristique bien connue d’abriter une panaderia (boulangerie) dont le débit se rapproche de ses homologues parisiennes … le tout dans ce petit coin de bout du monde, avec wifi gratuit et paysage de forêts de résineux : tout y est !

Lors d'une balade dans le parc national, nous rencontrons un ibis

Nous arrivons enfin, un jour plus tard, à Ushuaïa. Alors, déçus ? Point du tout ! Effectivement, la cité du bout du monde (” el fin del mundo ” semble être la devise locale, proclamée à tout bout de champ sur le moindre mètre carré d’affiche) ne vous colle pas d’emblée une grosse claque architecturale ! Le centre ville, qui est une grosse artère commerçante truffée d’un mélange d’articles ” locaux ” du plus mauvais goût et de produits électroniques, cernés de touristes équipés . Et pourtant, petit à petit, le charme s’installe. Il suffit de s’élever un peu vers le glacier, de se balader le long du port ou vers l’aérodrome pour découvrir un ville colorée et assez vivante, qui vit très bien les incessants changements de temps – ici, comme dans toute la patagonie et même davantage, les habitants ont l’habitude de vous dire que vous pouvez voir passer les quatre saisons dans la journée ! Et c’est tout à fait exact.

Nous ferons à Ushuaïa deux premières dans notre voyage. Tout d’abord, un restaurant en amoureux ! Nous laisserons aux enfants le choix de leur menu (l’inévitable ” saucissonchipspizza “) et ils auront droit à une soirée dessins animés pendant que nous dînerons, un oeil distrait lancé de temps à autre sur le camping-car garé sur le parking du restaurant, ” Chez manu “, un restaurateur français fort sympathique qui s’est installé sur les hauteur d’Ushuaïa il y a dix ans, et qui ne regrette pas son choix … nous non plus !
Et puis, nous nous offrons un autre cadeau en famille cette fois-ci : un tour d’une heure au dessous de la région, dans un petit

Le canal de Beagle, vu du ciel

avion … c’est une première pour les enfants, et malgré les turbulences assez nombreuses (je me suis demandé à plusieurs reprises si je n’allais pas retapisser le poste de pilotage d’une jolie couleur personnalisée) cette petite heure à survoler la région, y compris le canal de Beagle valait vraiment le coup  (canal au dessus duquel, au grand effroi du reste de la famille, le pilote m’avait confié les commandes !)  …  L’atterrissage, avec un joli vent latéral et donc un avion qui se présente littéralement de biais par rapport à la piste fût aussi un grand moment. Le pilote, qui semble diriger avec sa femme l’aérodrome et qui en est aussi l’un des instructeurs – et qui m’avait accueilli dans l’avion avec le dialogue suivant : ” Alors, c’est la première fois pour vous ? ” ” Et oui ! ” ” C’est excitant pour moi aussi, c’est mon deuxième vol ! ” me répond-il, hilare, tout en lançant les gaz … – nous laisse d’ailleurs bivouaquer sur place, endroit duquel il y a, à mon humble avis, le meilleur point de vue sur la ville.

Et puis, il y a le reste de notre séjour que vous pouvez découvrir avec les photos ci-jointes, et qui vous permettront de comprendre – j’espère – pourquoi nous avons finalement trainé une grosse semaine dans le coin. Le parc national Tierra del Fuego (là où Hugo parvient à approcher un renard fort peu farouche, et à prendre avec son appareil la photo qui figure dans l’album, peu de temps après que nous l’ayons longuement observé pendant qu’il s’offrait un festin avec des oeufs d’oiseau) possède de très jolis coins de bivouac gratuits – emplacements à asado inclus, Argentina oblige ! -, en bordure de rivière, où Chloé ne se lassera pas de courir après des nuées de lapereaux fort peu pressés de faire sa connaissance. Détail pittoresque, c’est dans le parc que se situe le bureau de poste le plus austral du monde !

Pour nous, ce sera l'asado le plus austral du voyage !

Et surtout, notre plus grand coup de coeur, le souvenir de la semaine, c’est la route complémentaire J , (dont le nom est à lui seul tout un programme, vous ne trouvez pas ?) qui commence à quelques dizaines de kilomètres d’Ushuaïa et, via l’Estancia Harberton (la plus ancienne ferme de la Terre de feu)  vous mène au bout d’une centaine de kilomètres de piste, á l’Estancia Moat,  le point carrossable le plus au sud du continent américain, et donc de la planète – en effet, à cet endroit, nous sommes quelques kilomètres plus au sud que Ushuaïa et même que Puerto Williams, la ville la plus australe du monde (en terre de feu, côté chilien) … Nous nous y offrons une nuit, un asado ” sauvage ” géant et une pluie de photographies pour nos futures soirées au coin du feu de retour dans notre monde d’avant. Merci à Katia et Jérôme (un couple de jeunes médecins français, qui ont décider d’attaquer leur carrière par un tour d’Amérique du sud !), rencontrés à l’aérodrome puis à l’Estancia Haberton, et qui nous ont ensuite donné l’idée de faire la portion la plus intéressante de route complémentaire J … Vive l’imprévu du voyage et les rencontres !
Coup de chance, le vent infernal qui semble se déchainer habituellement dans la région – regardez l’incroyable forme des arbres ! – est absent, et du coup juste avant de repartir, nous improvisons une séance de sauts, en essayant de nous appuyer sur l’effet produit par les arbres couchés par le vent, mais celle-ci échoue lamentablement – impossible d’obtenir l’effet photographique souhaité. Du coup, je passe incognito en mode film … quand on manque de talent, on peut toujours se moquer un peu des autres !…

Sur le chemin du retour, nous nous arrêterons une journée à l’ Estancia Maria Behety, sur les conseils de Katia et Jérôme, où nous visitons le plus grand hangar de tonte de moutons au monde … il est désert, le prochain stage de rasage intensif ayant lieu en janvier, mais le lieu est quand même impressionnant – visuellement  et olfactivement, d’ailleurs, ce qui écourtera la visite du côté des filles !
J’ajoute enfin que tout ceci s’est passé au tempo de l’été l’austral, c’est à dire de journées presque infinies : le soleil, qui se couche vers minuit et qui se lève trois ou quatre heures plus tard diffuse même au coeur de la nuit une irréelle lumière laiteuse qui fera passer vos regrets d’être insomniaque !
Au bout de cette grosse semaine, vous l’aurez compris, nous voici à nouveaux repus d’images et de sensations. Nous repassons le détroit de Magellan et entamons, ce 17 décembre 2009, notre lente remontée vers le nord du continent américain, et cette fois-ci, c’est au côté ouest que nous nous attaquons …

Une précision quand même, si certains d’entre vous avaient l’excellente idée de visiter un jour la Terre de feu, mieux vaut prévoir un emploi du temps et une durée flexible : la météo n’est pas toujours au rendez-vous, et il faut parfois attendre quelques heures voire quelques jours le rayon de soleil qui révèlera l’extrême beauté d’un lieu qu’autrement vous trouveriez peut-être quelconque – remarque valable aussi pour l’ensemble de la patagonie !
Article écrit le 31 décembre 2009, au bord du Lago Buenos Aires, dans une jolie baie quelque part entre El Maiten et Puerto Tranquillo (tout un programme !), une petite quinzaine de degrés au thermomètre, Hugo et Lise montent une usine thermochimique (en Légo) à mes côtés pendant que le reste des deux familles ici présentes (les Smitou et nous) se réchauffe au feu de bois, savourant les dernières heures de l’année 2009 …


13 Comments

  1. emery says:

    Salut et meilleurs voeux aux nouveaux explorateurs !
    En feuilletant votre blog on a l’impression que tout se passe bien pour les baudchon baluchon. C’est vraiment une impression de bonheur qui transparait ici!
    Bravo encore pour l’accomplissement de ce chouette projet et meilleurs voeux pour 2010 et le reste du voyage.

  2. Julie says:

    Bonne année les Baudchons Baluchons ! Continuez de nous faire rêvasser devant vos superbes photo 🙂

  3. giber de niel says:

    Par rapport à votre description de la Terre de Feu du temps de Magellan et celle d’aujourd’hui, il n’y a pas grand chose de changé: il y a toujours des “indigènes” assis autour de feux sur les plages! La différence essentielle est l’apparition de la laine de mouton et du “Gore-tex”.
    Le passage des frontières nous oblige à plaindre le pauvre douanier qui rentre chez lui le soir et dont la femme s’exclame: “Encore des carottes et des navets! Demain n’oublie pas d’emmener le chien pour qu’il nous trouve de la viande!” ou un dialogue entre les douaniers chiliens et argentins: “on a récupéré un stock de légumes et on vous en échangerait volontiers une partie contre quelques saucisses”
    On se pose aussi la question du Père Noël: est-il passé en Terre de Feu ou son traineau est-il embourbé sur une piste chilienne ou argentine?
    Enfin, en remontant vers le nord, évitez de croiser le “Paris-Dakar” égaré dans le désert d’Atacama et dans les Andes.
    Bravo pour le texte et les photos ! cette fois-ci il .y a davantage d’humains que d’animaux
    Vous respirez le bonheur et nous vous souhaitons de continuer dans une
    BONNE ANNEE 2010

  4. Je pars mettre à jour mon passeport…

    NB: Il paraît qu’il n’y a que deux saisons en terre de feu : 9 mois d’hiver et 3 mois de vent.

    Bonne année à vous, à tous les voyageurs que vous rencontrez et à tous les commentateurs.

  5. Amélie says:

    Youpi j’ai gagné le concours, merci pour votre carte, elle m’a faite très plaisir, et bonne année 2010!!!

  6. kate says:

    Hello à tous
    Bonne année ? je ne sais meme pas si c’est la peine de vous la souhaiter car vous avez tous des mines réjouies de bonheur.

    Quant à la bonne santé je crois que c’est la première fois que je vous trouve hummm comment dire … bronzés !!!!!
    Allez bises à tous et profitez de chaque instant.

  7. Hervé says:

    Salut la famille,

    Je viens de découvrir votre blog, c’est un voyage magnifique.

    PRO-FI-TEZ !

    Ici, ça caille!!!

    RV

  8. Alors, ….
    Je suis comme les enfants, j’aime qu’on me raconte des histoires et qu’on me montre des images. J’ai fini l’année 2009 en beauté avec Valérie et son style chaleureux et je commence l’année 2010 avec Christian, ses histoires qui me font rire et ses photos de rêve.
    J’aime ces paysages sauvages et isolés et….venteux.
    Et vive “El fin del mundo”.
    BIZ

  9. vedrenne says:

    Fraichement de retour d’un fabuleux voyage solidaire en famille au coeur de l’Inde, j’ai le plaisir de voir que cette fin d’annee et de nouvelle annee ont ete bien remplies en terme de paysages emotions, et projets.
    Les manchots de Magellan à Punto Tumbo font partis des meilleurs souvenirs de nos voyages: trop droles ces bestiaux quand ils marchent!!!
    Les couleurs de la Patagonie et de la terre de feux sont inoubliable. C’est beau de revoir la terre si belle….
    Bonne annee 2010 continuez bien votre fabuleux periple

  10. Les Bousquet says:

    Les Bousquet vous envoient de gros bisous depuis leur Bretagne humide! Les enfants adorent regarder les photos de votre voyage et regardent les villes sur la planisphère.
    Le bébé arrivera avec un mois d’avance sans doute mercredi car le déclenchement est prévu mardi 12. Nous vous tiendrons au courant…
    A très bientôt
    Sandrine

  11. chajekat says:

    Coincés à el calafate depuis 3j (notre pare brise a été brisé en 1000 morceaux au début de la ruta 40 et on dû faire marche arrière), nous profitons pour “faire du net”. Toujours un super site, j’attends le film de la 2ème dispute du voyage…
    Bref, on a pris pas mal de retard car on les enchaine (embrayage remplacé), mais j’espère à bientot sur la route et surtout une trés bonne année
    katia, jérome et charlotte.http://chajekat.blog4ever.com/blog/index-356559.html

  12. Houdin Marie-Claude et Didier says:

    Eh oui ! Vous êtes pistés…même depuis le Pays Basque! Ginette vient de nous donner votre blog! passionnant! je crois que je vais avoir du mal à retenir Didier!Mais il part au Spiltzberg en Avril avec skis et pulka! pas mal non plus mais… sur 10 jours…Rien à voir…
    Une bonne occasion pour vous offrir tous nos voeux pour 2010 et bon vent!
    des bises à partager entre tous même si Valérie est la seule à nous connaitre!
    kiko

  13. RENAULT PASCAL says:

    bonjour à vous tous
    nous sommes en Bolivie
    sommes toujours partant pour rejoindre l’amerique centrale
    ou etes vous allons nous nous rencontrer faire un bout de chemin ensemble
    on attend de vos nouvelle
    Valerie, Gwendal,Gwénaël,Maïwenne et pascal
    au-tour-des-ameriques.com

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